CORRIDAS DE MUERTE À MARSEILLE
À maintes reprises, nombre de nos lecteurs nous ont demandé des détails sur certaines corridas de muerte ayant eu lieu à Marseille ; nous croyons, en conséquence, intéressant d’en établir une statistique exacte à laquelle on pourra plus tard se reporter. Nous en garantissons l’exactitude absolue, car toutes les notes qui vont suivre ont été prises par nous à l’issue même de chaque journée et consignées sur un cahier ad-hoc que nous continuons à tenir à jour.
La première funcion à l’espagnole. Avec mise à mort, eut lieu le 6 août 1893. Le matador Julio Aparici (NOTA : Julio Aparici Pascual) Fabrilo y estoqua deux toros de Mazpule — dont l’un prit 13 piques — le premier d’une grande estocade au pas des banderilles, le second d’un metisaca (NOTA : mete y saca) foudroyant au demi-tour. (on lui avait recommandé d’en finir au premier coup).
Le succès du matador Valencien (NOTA : Julio Aparici Pascual nasceu na aldeia de Russafa - Valencia - a 1 de Novembro de 1866) engagea la direction Fayot-Richaud à organiser le 27 du même mois une seconde course. Espartero affiché en premier lieu, ne put venir, nous ne sûmes jamais pour quelles raisons et le cartel fut arrêté avec des toros de Bañuelos et deux novilleros en renom à l’époque, Eusebio Fuentes Manene et Francisco, Piñero Gavira (NOTA : Francisco Piñero y Gavira, que nasceu em Carmona — Sevilha — a 17 de Novembro de 1873), (José) Bento de Araujo était de la fête. Les toros furent des bœufs de labour. Manene fit preuve de réelles qualités, mais fut sifflé outrageusement pour de magnifiques pinchazos. Gavira, démoralisé, frappa au petit bonheur, les pierres et autres projectiles commencèrent à pleuvoir et finalement on saccagea les arènes…
Ce ne fut que trois ans plus tard, le 2 août 1896, qu’une direction fut assez hardie pour présenter de nouveau une corrida de muerte et l’honneur de porter l’estoque revint à notre illustre compatriote Robert qui n’avait pas encore l’alternative mais portait fièrement sa superbe moustache. Il occit d’une grande estocade un jeune croisé de Viret.
En 1898, les Arènes fermées depuis les désordres du 9 août 1898, rouvrirent sous la Direction Marcia. Le novillero Canario inaugura la saison les 10 et 11 avril, tuant chaque fois un innocent becerro de Desfonds.
Le 15 mai eu lieu la première corrida complète, une des plus belles qu’il nous ait été donné d’applaudir : Lagartijillo et Reverte toréèrent 6 braves cornupètes de Concha y Sierra et les tuèrent de 7 estocades et 2 descabellos. Le 6ème bicho « Chorito » chargea puissamment 12 fois et le picador Agujetas s’adjugea un succès total.
12 juin. — Minuto et Conejito contre des Linarès. Course intéressante à laquella assista le vétéran Hermosilla.
14 juillet. — Le petit Patata tua une vache de Fuente el Sol.
31 juillet. Les novilleros ( ?) Plantaїto, Metralla et Quinquillero firent la fumisterie de larder à eux trois deux malheureux Camargues de Yonnet et sans picadores, encore.
Enfin, le 23 octobre au moment où l’on croyait la saison terminée, on vit apparaître Monsieur Robert, en tournée avec Bonarillo et Minuto ; ils s’entendirent avec 6 Carreros et un Camargue fut tué par Ramon Laborda El Chato, après avoir été piqué au rejon par le caballero Isidro Grané. La course se termina dans la nuit la plus complète, à la vague lueur que répandaient des centaines d’allumettes bougies et de rats apportés par des adicionados précautionneux.
L’année 1899 s’annonçait comme une grande temporada ; elle s’acheva malheureusement trop tôt.
Elle fut inaugurée le 2 avril par la présentation des novilleros Machaquito et Lagartijo-Chico, qui se révélèrent les brillants matadors qu’ils devaient être par la suite. Les novillos de Villamarta furent très acceptables, mais le 3ème fut tué d’un coup dce pique malheureux et le tour de Machaquito sauta. Cette très jolie course coûtait 1 fr. 65 d’entrée !
(A suivre)
CASTORENO.
In LA CORRIDA, Marselha – 27 de Março de 1910