Troubles à Marseille
Courses de taureaux. — La mise à mort. — Ignoble boucherie. — Fureur du public.
9 h. 50 a. — On télégraphie de Marseille : Des incidents tumultueux se sont produits cet après-midi, aux arénes du Prado, où avait lieu une seconde course espagnole.
Après un réel succès obtenu par le caballero en plaza (José) Bento de Araujo, les matadors Fuentes et Gavira avaient à courir des taureaux vicieux ayant déjà paru en public.
Les matadors ont mécontenté le public par l’insuffisance de leur jeu.
Les deux premiers taureaux ont été mis à mort après de grandes difficultés.
Gavira, chargé de tuer le troisième, fut obligé d’y revenir jusqu’à cinq fois.
L’animal se refusa à l’estocade ; devant cette boucherie, le public cria assez ! mais la bête était blessée et devait tomber dans l’arène.
Enfin le coup mortel fut donné au milieu du plus grand tumulte.
Le public a démoli les banquettes, les chaises, des planches ; des pierres même ont été lancées dans l’arène, mettant en fuite les toréadors.
Quelques individus ayant pénétré dans la piste, ont entassé en un clin d’œil les chaises et les débris de bois auxquels ils ont mis le feu sur différents points.
Par les soins de la police, ces petits bûchers ont été promptement éteints.
La gendarmerie à pied et à cheval est intervenue et a fait évacuer les arènes.
Quelques individus, les plus bruyants, ont été arrêtés.
À 7 heures le calme était rétabli.