7 DE AGOSTO DE 1892 – NIMES: UMA CORRIDA DEVERAS EXCEPCIONAL

 



Bibliothèque nationale de France

CARA-ANCHA A NIMES

La course du 7 août

Nous donnons un peu plus loin le compte rendu de la course de dimanche, mais il nous a paru nécessaire de faire quelques réflexions sur les conséquences de cette solennité tauromachique. Nos lecteurs nous pardonneront d’oublier un moment de politique.

            Enfin le fait est acquis : on a tué à Nimes ! Enfin on a accédé au désir si longtemps manifesté par toute une ville et par toute une région amoureuse d’un specatacle dont on les avait privées depuis si longtemps et on a tué !!!

            On s’est enfin carrément assis sur la loi Grammont qui est faussée entièrement par ceux qui ont mandat de l’appliquer. On a admis une bonne fois pour toutes que l’erreur que l’on commet dans son application était bien une erreur et qu’on devait passer outre. On l’a fait et nous applaudissons.

            Dans l’intérêt même du parti que nous défendons, nous, journal républicain, nous sommes heureux de voir qu’on renonce enfin à froisser des susceptibilités et qu’on fait taire bien des murmures qui s’élevaient depuis longtemps, même parmi les plus fidèles d’entre nos partisans, qui accusaient nos mandataires d’une impuissance par trop grande.

            Que nos édiles ne s’y trompent pas : dans les délirants bravos qui ont éclaté à la splendide fête tauromachique de dimanche, il leur en revient certainement la plus large part et ce frénétique enthousiasme était tout autant la manifestation de la reconnaissance du public, à qui on donnait enfin gain de cause, que la juste récompense accordée au travail merveilleux auquel on assistait.

            Si notre municipalité avait pu perdre un seul instant la sympathie dont sont animés ses administrés, elle pourrait se flatter de l’avoir reconquise et au-delà dans l’après-midi du 7 août. Nous en sommes heureux pour elle et ne lui ménageons pas nos éloges.

            Tout le monde, du reste, mérite des louanges.

            La Direction de la rue Pergolèse, représentée à Nimes par le si sympathique comte del Villar, par M. Fayot et par d’autres hautes personnalités qui, bien que moins en lumière, n’en ont pas moins été actives, a droit, non seulement à nos éloges sans réserve, mais encore à toute la reconnaissance de la population aficionada du Midi en entier, car hier, elle a contribué à implanter d’une façon magistrale les courses de mise à mort. Et si nous disons de tout le Midi nous n’exagérons rien et en prenons le témoignage à l’encombrement de la gare, aux nombreux trains venant de directions diverses. Le public aficionado a contracté, vis-à-vis de ces sympathiques et peu ordinaires impressarii, une dette de reconnaissance, si comme nous le pensons bien, c’est grâce à leur initiative hardie que les courses de mises à mort sont implantées dans Nimes.

            Le public a donné également une preuve de la confiance qu’on peut avoir et dans son bon sens et dans sa connaissance en tauromachie. Nous devons l’en féliciter grandement.

            Il ne nous reste qu’à exprimer notre désir qui est celui des 15.000 spectateurs de dimanche. C’est le suivant : il est impossible que, une fois la preuve faite, les administrateurs de la rue Pergolèse ne donnent pas une suite à la course du 7 août. Nous sommes certainement l’interprête du public en demandant pour le 21 août une deuxième grande course. Nous pensons qu’une data rapprochée vaut mieux, car plus tard, en septembre, nos campagnes sont dans la fièvre des vendanges, et bien que l’attrait du plaisir soir grand, l’importance de la récolte l’emporterait.

            Nous conservons le ferme espoir que le spectacle de dimanche n’est qu’un premier jalon de planté et un grand pas de fait, en tout cas, vers l’accomplissement des désirs populaires en ce qui est des courses espagnoles.

G…

La Course

Dès le début de la course, le public a été enthousiasmé. Le cortège a fait son entrée avec un cérémonial auquel nous étions peu habitués.

            Les alguazils en costume, la cuadrilla, le caballero en plazza, les picadores, toute l’armée des aréneros, des monos sabios ont été fort appréciés.

Puis à une sonnerie toute espagnole, le spectacle a commencé.

            1er taureau. — Calcetero. — Noir, bien en formes, mais mou et de peu d’énergie. Il prend néanmoins cinq piques bonnes sans conséquences sérieuses et deux bonnes demi paires de banderilles.

            Cara-Ancha donne de bonnes passes de muletta dont deux avec la main gauche et deux avec la main droite et fournit une bonne estocade à Volapié.

 

            2e taureau. — Polvorillo. — Son nom n’est pas volé, c’est une vraie dynamite; fougueux, plein d’ardeur et de sang. Les cornes sont courtes, delantèra, la droite est cassée.


            (José) Bento de Araujo entre dans la piste. Son jeu, inconnu aux Nimois, provoque un grand enthousiasme. Il place admirablement ses rejons. Le public applaudit frénétiquement et fait une ovation à (José) Bento (de Araújo).

            Il reçoit 4 banderilles bonnes, après de superbes passes. Il saute plusieurs fois la barricade, et se rue avec tant de violence sur elle qu’il la brise. Il faut signaler deux bonnes paires de Carillo et de Frutos. Cara-Ancha fait des passes qui enlèvent le public.

            Lobo est merveilleux à la muletta. Il s’agenouille devant le taureau ; le public enthousiaste réclame la mort. Bon simulacre au volapié.

            Une ½ paire mauvaise de Jose Diaz. Le toro se met entablerado près du toril. Il est difficile aux banderilles. Il en prend deux bonnes paires de Frutos et de Manuel Garcia. Lobo prend la muleta, il fait 2 bonnes passes droites, 3 de gauche et donne l’estocade un peu haute.


            4e taureau. — Calabazo. — Le taureau est grand, bien encorné. (José) Bento de Araujo, fait ses exercices qui lui valent de longues ovations. Puis le toro reçoit 3 piques d’el Artillero, et 1 courte excellente de Manuel Vargas.

            Cara-Ancha prend les banderilles. Il fait une fausse attaque où il fait preuve, en évitant la bête, de sa science profonde. Il fait un appel et place à l’écart d’une façon merveilleuse une paire, puis deux autres paires supérieures, à frente. Trois autres paires supérieures sont placées par Carillo, Frutos et Cara-Ancha. Enthousiasme.

            Le diestro s’arme de la muleta. Il fait deux passes à gauche, trois à droite, une de poitrine et quatre autres droites. Il donne l’estocade excellente à volapié. Acclamations.

            5e taureau. — Cigueño. — Celui-ci fait une sortie fort applaudie. Il reçoit deux piques courtes bonnes de Trigo, le cheval est blessé. Trois bonnes piques sont données par Salguero, dont le cheval est tué. Cara-Ancha fait de bons quites dans les cinq chutes.

            Trigo donne une excellente pique. Son cheval est renversé. Cara-Ancha fait un quite para la queue.

            Pedro Campos place bien une paire. Carillo en place une superbe, puis une demi-paire.

            Cara-Ancha prend la muleta et l’espada. Le public applaudit puis devient attentif. Un grand silence se fait. Le diestro fait une à droite, une à gauche et une à droite.

            Il donne d’abord une estocade courte au volapié. Au second coup d’épée, il rencontre l’os à gauche. Il fournit ensuite une demie estocade bonne.

            Le taureau se couche. Cara essaie un descabello et est désarmé. Il essaie ensuite 5 descabellos. Le puntillero achève l’animal. Applaudissements.

            6e taureau. — Finito. — Il est noir, fait une bonne sortie, et va prendre aussitôt une pique de Francisco Parente. Il bondit et blesse le cheval au cou. Cara fait plusieurs passes redondo (en rond) fort remarquables. Le toro prend deux bonnes piques de Vargas, Lobo fait un quite excellent. Trois chútes. Le taureau est collant. Il attaque Parente qui fournit une bonne pique et est renversé. Cara fait un quite fort applaudi.

            Lobo place deux bonnes paires. José place une mauvaise ½ paire. Le toro prend querencia près du toril. Lobo place une très bonne ½ paire.

            Cara-Ancha fait 5 bonnes passes de muleta changées. Le toro fuit, Cara le rejoint. Il fait 2 bonnes passes de droite, une bonne à gauche et donne d’abord un pinchazo, puis tue l’animal de deux bonnes estocades. Ovation frénétique.

L’impression

            La satisfaction a été générale. Le public était heureux d’avoir assisté à une grande et belle course. Les organisateurs, ont dû être flattés dans leur amour-propre des marques de sympathie, que ne leur a pas ménagé le public.

            C’est pour eux un encouragement dont ils tiendront compte, nous en sommes sûrs. Dax et Mont-de-Marsan ne se flatteront plus d’avoir diminué à leur avantage notre vieille réputation, l’élan est donné. Les grandes fêtes de l’épée, brillant au soleil devant la foule joyeuse, sont consacrées.

In LE PETIT RÉPUBLICAIN, Paris – 9 de Agosto de 1892

13 DE AGOSTO DE 1893 – NIMES: PRIMEIRA ALTERNATIVA NAS ARENAS ROMANAS

 
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UNE

SOLENNITÉ TAUROMACHIQUE

L’ALTERNATIVE EN PLAZA DE NIMES

Dimanche 13 aout 1893

 Les matadors

Cara-Ancha et Fuentes

 Quatre taureaux seront combattus à l’espagnole

 La caballera en plaza Mlle Maria Gentis

Le caballero (José) Bento de Araujo

             Désormais, Nimes devenu le centre tauromachique par excellence de toute la France, n’aura plus rien à envier aux grandes plazas espagnoles. Jusqu’à aujourd’hui, la vieille cité romaine avait eu l’honneur d’applaudir les grands matadors de la Péninsule : mais il lui manquait pour être appelée la «Madrid» de la France, de consacrer la réputation d’un jeune diestro par la cérémonie de l’alternative.

             On sait qu’on appelle ainsi en Espagne la consécration dans l’arène d’un jeune matador par un de ses aînés. À partir de ce jour, le néophyte a le droit d’alterner dans les plazas avec les grands maîtres dont il est devenu l’égal.

             Quatre grandes plazas seulement sont reconnues en Espagne pour cette solennité.

             Nimes aura, elle aussi, la première en France cette gloire suprême.

             Dimanche 13 août, le grand matador CARA-ANCHA donnera dans la plaza de Nimes, en présence de 25.000 spectateurs, l’investiture de l’alternative à son élève FUENTES, un jeune matador célèbre au delà des Pyrénées.

La Cuadrilla

             Le 13 août, 2 cuadrillas paraîtront dans l’arène de Nimes : celles de Cara-Ancha et de Fuentès.

             Depuis la retraite de Frascuelo et de Lagartijo, Cara-Ancha est le premier matador de la vieille école classique espagnole. On se souvient du reste à Nimes de la course imposante que Cara a donnée le 7 août 1892, dans cette même plaza. Jamais matador ne reçut ovation plus enthousiaste et plus méritée.

             Fuentès est l’élève favori de Cara. Il est déjà passé maître dans son art ; il ne lui manque plus que la consécration qu’il recevra dans la plaza de Nimes.

             On aura encore la bonne fortune d’applaudir la gracieuse Maria GENTIS, caballera en plaza, et le vaillant caballero (José) BENTO DE ARAUJO, qui exécuteront à cheval la pose de javelines et de banderilles comme aux courses royales de Madrid.

             Les cuadrillas sont ainsi composées :

1.          Matador : JOSE SANCHEZ DEL CAMPO (a) Cara Ancha.

Picadores : Jose Trigo ; Francisco Parente (a) El Artillero.

Banderilleros : Pedro Sanchez del Campo ; Manuel Zoca; Jose Martinez (a) Corito.

2.          Matador: ANTONIO FUENTES.

Picadores: Jose Carriles; Jose Fernandez (a) El Largo.

Banderilleros: Jose Sevillano; Manuel Diaz; Geronimo Gomez (a) Currinchi.

Ce dernier fera le puntillero.

Les Taureaux

Les taureaux proviennent de la ganaderia fameuse de la comtesse de Patilla. Les six fauves, arrivés à Nimes depuis le 1er août, dans leur corral, ont été visités par de nombreux aficionados qui conviennent que jamais on n’avait vu de plus beaux échantillons des taureaux de combat. Enormes de taille, pleins de fougue, ils fourniront sans nul doute une course imposante.

Les deux premiers, combattus d’abord par les caballeros, paraîtront avec les cornes emboulées, puis seront livrés cornes nues et seront matés, deux par Cara-Ancha, deux par Fuentes.

Déjà de nombreuses places sont retenues pour cette solennité qui va attirer à Nimes, des étrangers de tous les départements voisins.

Cette Gran Corrida sera le clou de la saison.

Tous ceux qui sont friands ou curieux de voir un spectacle intégralement conforme aux traditions espangoles, ne manqueront pas l’occasion exceptionnelle qui leur est offerte.

Qu’on soit ou non partisan de ce genre de spectacle, il faut le voir, et beaucoup de ses détracteurs conviendront qu’avec l’organisation si décorative, si luxueuse, si parfaite de la plaza de Nimes, c’est un spectacle unique au monde.

Les compagnies de chemins de fer, organisent de nombreux trains spéciaux.

Le prix des places est ainsi fixé : Premières numérotées, 20 fr. — Secondes numérotées, 10 fr. — Toril, 5 fr. — Amphithéatre, 3 fr.

In LE PETIT RÉPUBLICAIN, Nimes –12 de Agosto de 1893

18 DE OUTUBRO DE 1891 – PARIS: 23.ª CORRIDA DA TEMPORADA COM TOUREIROS ESPANHÓIS E CAVALEIRO JOSÉ BENTO DE ARAÚJO


 

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Gazette des Coulisses

Demain dimanche, à deux heures et demie, 23e course de taureaux aux Arènes de la rue Pergolèse.

            Au programme : Valentin Martin, José Ruiz (Joseїto) et leurs cuadrillas ; José Bento de Araujo, caballero en plaza, et les picadores.

            Ainsi que nous l’avons dit, cette course est l’une des dernières de la saison ; les retardataires feront bien de se hâter.

In L’ATTAQUE, Paris – 17 de Outubro de 1891

25 DE JUNHO DE 1893 – NIMES: MUDANÇA DE PROGRAMA COM ESPARTERO FERIDO EM BARCELONA

 

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PLAZA DE TOROS

Centeno de Sevilla

Quinito. — José Bento de Araujo.

Notre programme illustré.

Nous rappelons à nos lecteurs que le nouveau tirage de notre programme illustré est particulièrement intéressant. Indépendamment des photographies prises par notre distingué collaborateur René Crespon pendant la course de Tortero et de El Ecijano le 28 mai, dernier, notre programme est orné d’un tableau destiné à recevoir le pointage des afficionados désireux de noter les péripéties de la course de demain.

            Divisé en plusieurs colonnes, chacune afférente aux divers jeux espagnols, il permet de suivre la course avec une précision mathématique et de relever exactement le nombre de piques, de banderilles et d’estocades reçus par chaque taureau.

            Nos lecteurs nous sauront gré de cette innovation que nous croyons aussi intéressante qu’indispensable pendant les courses à l’espagnole.

            Notre programme seul sera vendu dix centimes et quinze centimes avec le journal.

On trouvera dans notre supplément illustré le programme détaillé de la course de demain. Nous avons déjà donné dans notre précédent numéro le nom, la robe et le numéro d’ordre des six taureaux que le Matador Espartero, avant d’être blessé dimanche à Barcelone, avait lui-même choisis avec un soin tout particulier, et qui, nous l’espérons, répondront aux vœux du public.

            Ajoutons que malgré tous les obstacles qui se sont dressés, comme à plaisir, devant les efforts de la direction, la course aura lieu dans toute l’intégrité du programme annoncé. ESPARTERO seul manquera à cette fête tauromachique, mais sa cuadrilla y sera au grand complet, sous la direction de CENTENO, le matador de Cartel (qui a reçu en 1887 l’alternative de Currito) remplaçant le blessé de Barcelone.

M. Fayot n’en a pas moins les mêmes frais d’engagement, les mêmes risques, et cependant pour être agréable au public d’afficionados, auquel il veut plaire toujours, quoiqu’en disent certains esprits chagrins, il modifie, exceptionnellement et pour cette course seulement, les prix de l’amphithéatre et du toril :

Au lieu de 3 fr., l’amphithéatre sera à 2 francs, et le toril à 4 fr. au lieur de 5 fr.

La course de demain s’annonce donc comme une des plus brillantes.

Elle commencera à trois heures précises par la présentation des quadrilles et l’entrée du cortège dans lequel figurera pour la première fois le magnifique carrosse de gala. Voici dans quel ordre défilera le cortège :

1 timbalier à cheval ;

2 trompettes à cheval ;

4 alguazils à cheval ;

6     id    à pied.

Le carrosse attelé à 2 chevaux, cocher et laquais.

Les cuadrillas

CENTENO DE SEVILLA et QUINITO

Les Banderilleros ;

4 Picadores à cheval ;

Les aréneros et monos sabios.

Les carpinteros ;

Le train de mulets ;

Les vaqueros à cheval et à pieds.

La direction nous prie d’annoncer qu’un bureau de location sera ouvert aux Arènes le dimanche, à partir de 9 heures du matin et que l’ouverture des portes des Arènes aura lieu dès midi.

La course commencée, aucune réclamation ne sera admise, l’argent ne sera pas reçu aux portes, aucune contremarque ne sera délivrée ; toute personne qui sortira de l’arène pendant la course ne pourra rentrer qu’avec un nouveau billet.

Un guichet pour billets de suppléments sera ouvert au bureau de la Direction des Arènes pendant la course, pour les personnes qui désireront une place supérieure.

Messieurs les abonnés d’amphithéatre qui désirent une place supérieure sont priés de se présenter au bureau de location avec leur carte d’abonnement pour en faire l’échange contre la place qu’ils désirent et en payer la différence.

PRIX DES PLACES. (on a vu plus haut les modifications dont ils sont exceptionnellement l’objet).

Premières, 20 frs. ; secondes, 10 francs ; toril, 4 fr. ; amphithéatre, 2 francs.

Les Compagnies P.-L.-M. et du Midi feront des trains spéciaux pour le transport des voyageurs.

Les 3 premiers taureaux seront emboulés pour le travail des chevaux et désemboulés pour le travail des banderilleros et des matadors.

Après le troisième taureau, entracte.

Les trois derniers taureaux sortiront cornes nues pour être travaillés à l’espagnole ; 2 par Centeno de Sévilla, un par Quinito.

Les chevaux seront protégés par des cuirasses en cuir et feutre.

In LA CHRONIQUE MONDAINE, Nimes – 24 de Junho de 1893

14 DE JULHO DE 1893 – NIMES: O PRESIDENTE DA CÂMARA MUNICIPAL DE NIMES E A IMPRENSA AGRADECEM A PARTICIPAÇÃO GRATUITA DO CAVALEIRO JOSÉ BENTO DE ARAÚJO NO ESPECTÁCULO DA FESTA NACIONAL

 


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INFORMATIONS

M. le Maire de la ville de Nimes s’est fait l’interprète de ses administrés en adressant une lettre d’éloges et de remerciements à notre sympathique caballero en plaza, J. Bento de Araujo, qui avait prêté son gracieux concours au spectacle gratuit donné aux Arènes le jour de la Fête nationale.

            Qu’il nous soit permis de joindre nos félicitations à celle de M. le Maire.

In LA CHRONIQUE MONDAINE, Nimes – 22 de Julho de 1893

20 DE JULHO DE 1891 – PARIS: 9.ª CORRIDA DA TEMPORADA COM CAVALEIRA FRANCESA MARIA GENTIS E CAVALEIRO PORTUGUÊS JOSÉ BENTO DE ARAÚJO


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Les Théatres

Aujourd’hui à trois heures et demie, neuvième grande course de taureaux aux Arènes de la rue Pergolèse. Au programme : Mlle Maria Gentis et José Bento de Araujo, caballeros en Plaza ; Valentin Martin, le Mateїto et leurs cuadrillas ; les picadores et le quadrille landais de Candau.

In LE PAYS, Paris – 20 de Julho de 1891

26 DE AGOSTO DE 1891 - PARIS: REI DA SÉRVIA ASSISTE A CORRIDA DO CAVALEIRO JOSÉ BENTO DE ARAÚJO E DOS TOUREIROS ESPANHÓIS

 

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SPECTACLES ET CONCERTS

Le roi de Serbie assistait hier à la 14e course de taureaux, aux Arènes de la rue Pergolèse.

Rei da Sérvia

            José Bento de Araujo a eu un succès éclatant ainsi que Bernardo Hierro, Ojeda et les picadores.

            Dimanche prochain, 15e course.

In LA MARSEILLAISE, Marselha – 28 de Agosto de 1891

13 DE AGOSTO DE 1893 - NIMES: GRAN CORRIDA ESPANHOLA

 

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CHRONIQUE

            La grande course du 13 août. — Nous recevons de la direction la communication suivante : Les toros provenant de la Ganadéria de la Comtesse de la Patilla, sont arrivés le 1er août au corral de la rue Henri IV. Partis de Valladolid (Espagne) le 26 juillet, ils sont donc venus en six jours.

            Ces animaux, c’est tout ce qu’il y a de beau comme spécimen de la belle race  du Comte de Patilla, et nous ne doutons pas que la Corrida du 13 août avec des Toros semblables et ces toréadors comme Cara-Ancha, Fuentes et leur quadrilles ainsi qu’avec le Caballero José Bento (de Araújo) et Mlle Maria Gentis cette course laisse derrière elle ses ainées.


            Voici les noms, numéros et couleurs des taureaux de cette belle corrida.

            Nos 24 Confitero, rouge, tache blanche ; 91 Montenegro, Noir, blanc sous le ventre ; 86 Azueno, Gris fer, blanc sous le ventre : 17 Saeta, Noir, blanc sous le ventre ; 74 Carcelero, Rouge, blanc par derrière ; 2 Carcinero, Gris clair, blanc, sous le ventre.

In LE PETIT MIDI, Nimes – 4 de Agosto de 1893

1 DE NOVEMBRO DE 1891 - PARIS: 24.ª CORRIDA DA TEMPORADA COM O CAVALEIRO JOSÉ BENTO DE ARAÚJO

 



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In LE TORERO, Paris - 1 de Novembro de 1891

10 DE SETEMBRO DE 1893 – MARSELHA: A CORRIDA A SEGUIR ÀS ELEIÇÕES DE DIA 3 COM O CAVALEIRO JOSÉ BENTO DE ARAÚJO

 


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MARSEILLE. — Il est fortement question dans le monde des aficionados d’une corrida de muerte avec les cuadrillas de Fuentés et Gavira et le concours du Caballero en plaza (José) Bento de Araujo.


La direction des Arènes de Marseille aurait traité, dit-on, avec M. Fayot de Nîmes pour que ce dernier mette à sa disposition tout le matériel somptueux qu’il possède.

Cette fête primitivement fixée au 20 août a été remise au dimanche d’après les élections.

In LE TORERO, 20 de Agosto de 1893

13 DE AGOSTO DE 1893 – NIMES: QUEM NÃO SE SENTE NÃO É FILHO DE BOA GENTE…


 
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 TOROS DE MUERTE

EN NIMES

Malgré l’attrait de l’ouverture de la chasse, une nombreuse population était accourue des environs pour assister à la corrida ; et j’en connais des fervents de Saint-Hubert qui ce jour-là, abandonnant la poursuite d’un gibier de plus en plus rare, s’étaient rendus aux Arènes pour applaudir Cara et juger Fuentès. L’amphithéatre étair comble, le soleil mordorait les pierres et les fraîches toilettes étincelaient dans toute cette foule que piquetait de blanc les sans-gêne en bras de chemise.

À 3h. ½ sous la présidence de M. Regnaud la musique fait entendre l’hymne national, peu après retentit l’ouverture de Carmen et le paseo s’effectue.


Au passage de (José) Bento (de Araújo) de nombreux mécontents sifflent et les applaudissements unanimes sont réservés à la cuadrilla. En tête marchent le majestueux Cara-Ancha et l’élégant Fuentès. Chacun prend sa place : (José) Bento (de Araújo) impassible sous les sifflets attend la sortie de Confitero. Rouge meucheté de blanc, patriarcal avec ses cornes hyperboliques et sa haute taille il semble dédaigner les appels.

            Hélas ! tout de dédain n’est que pure molesse !


            Le rejoneador le cite de près et pose une bonne première javeline, des applaudissements éclatent mais ne parviennent pas à étouffer les sifflets stridents ; une deuxième javeline prend à côté de la première, (José) Bento (de Araújo) veut triompher quand même ; il prend deux banderilles dans une main et lui orne le garrot avec un brio remarquable ; c’est alors qu’énervé par cette hostilité persistante, il se précipite au galop vers la présidence et demande l’autorisation de combattre le toro cornes nues ; on la lui refuse. Deux autres banderilles sont successivement placées avec un grand mérite et sont vigoureusement applaudies par la majorité du public.

Moyano entre en suerte et banderille au cuarteo, avec un art incomparable. Americano attaque à son tour et tombe devant l’animal. Pedro Campo se précipite et dans un quite émouvant sauve son compagnon ; celui-ci remis sur pied pose une mauvaise demi-paire. Des applaudissements frénétiques éclatent, c’est Moyano qui les soulève et emballe son public. Americano à la seconde reprise n’est pas heureux.

Fuentès prend la muleta ; après onze passes bien dessinées, il marque une estocade un peu de côté.

Montenegro noir soutaché de blanc, aux cornes fines et de formes irréprochables fait une brillante sortie. Mlle Maria Gentis essaie une première javeline qui ne tient pas ; dans une fausse manœuvre serrée de près contre la barricade, elle échappe au danger grâce à son sang-froid et au peu d’insistance du toro qui dans cette affaire s’est montré d’une courtoisie parfaite. Dans les intermèdes, Cara nous fait applaudir de belles véroniques et Fuentès quelques brillantes largas.

Après une fausse attaque Sevillano banderille une première fois au cuarteo, Diaz est applaudi pour une jolie paire au sesgo alors que son compagnon répète sa première sortie.

Toujours élégant et courtois, la montera à la main, Cara demande au président de passer à Moyano les trastos. Accepte. Le public ratifie par des applaudissements. Deux passes de muleta un peu fièvreuses sont suivies d’une estocade marquée avec un báton ; sans se déconcerter le jeune torero prend la banderille de simulacre et marque une magnifique estocade. (Applaudissements frénétiques.)


Portrait fait par Servando

Ah ! Ah ! Carcalero arrive en bondissant, de ême forme et de même couleur que le précédent, il montre plus de vivacité. Le voilà parti sur Trigo, trop vif et le roublard picador ne croisant pas assez son cheval, la pique est de refilon ; la brave bête a senti le fer, elle charge avec entrain deux chutes de Trigo et Trescales dont la monture malade est emmenée à l’infirmerie. Fuentes opportun au quite, mais le pauvre Trescales tombé à découvert ne trouve son salut que dans la cape de Cara ; une explosion de bravos jaillit de la foule.

Ah Moyano que tu nous fais plaisir ! quelle science ! quelle élégance ! Une pluie de cigarres ne saurait trop récompenser les banderilles au pas, Americano toujours malheureux ne peut poser une paire entière.

Cara passe de muleta avec sa maitrise habituelle et porte un pinchazo entrant bien en suerte suivie d’une estocade qui couche l’animal. Le puntillero conclut au premier coup. Sacto rouge marqué de blanc, comme dirait Dupont, fait son entrée. Il tâte l’Artillero qui décidément ne peut pointer sa pique, elle est de refilon et le prudent picador se rattrape par deux puyasos convenables. Trescales n’essaie qu’une fois et sa monture en voit de cruelles.

N’insistons pas sur les banderilles de Pedro del Campo, applaudissons celles de Curinche.

Fuentes aborde le fauve avec confiance après un travail de muleta plein de finesse entre de près avec vaillance force sur le fer et porte une estocade atravesada dont le contre-coup le rejette ; deux autres passes de muleta suivies d’une autre estocade atravesada aussi profonde et le descabello au sixième essai. Azuceno nous arrive avec un formidable garrot, bien armé de poids, brillant, boyante, il pourchasse les peones et c’est un plaisir de les voir franchir prestement la barricade ; mais malgré sa corpulence c’est une véritable sauterelle que ce toro, d’un bond, sans toucher, le voilà dans le couloir ; voici un foli farol de Cara. Et les picadores ! Il ne doit pas les voir cet acrobate qui franchit à nouveau la barrière. Carriles lui tente le poil. Hardi ! en voilà deux par terre ce qui nous permet d’applaudir les quites des deux matadores.

Le public réclame des banderilles aux maîtres. Cara cite au quiebro vainement et se décide pour un joli cuarteo. Fuentes au pas pique ses banderilles de supérieure façon. (Musique pour les deux diestros).

Cara se présente à son ennemi et le passe de muleta avec sa sûreté remarquable, l’animal s’accule après trois estocades, subit cinq descabellos, se couche fatigué de tant d’insistance et se livre au puntillero qui l’achève au premier essai.

Si l’on n’avait pas vu mourir le précédent on le croirait ressuscité en la personne de Carnicero, gris souris comme son frère, fin de formes, bien armé et souple de jambes, car il franchit deux fois le callejon, il poursuit les bourdonnants peones. Les picadores n’ont pas l’air de s’apercevoir de sa présence… les flémards ! il faut bien entrer en danse pourtant ! deux chutes et trois chevaux malades, demandez à l’infirmier. Après avoir pris neuf piques cet animal brillant et volontaire passe aux banderilleros qui ne font rien de remarquable ; il y avait de la place pour pareur cependant.

Fuentes passe de muleta, cet animal distrait qui porte haut, un meti-saca et trois estocades courtes ont raison de la brute vigoureuse, qui, frappée à mort, ne veut pas se livrer au puntillero, s’affaisse et se relève à plusieurs reprises et meurt dans un dernier effort.

RÉSUMÉ

Toros bons dans leur ensemble, agiles et brillants, d’une remarquable beauté de formes pour les deux derniers surtout. Un peu distraits. Ces animaux paraissaient cependant avoir souffert de leur long séjour dans le corral, le brusque changement de régime leur ayant donné la diarrhée. Nous en avons vu les traces d’ailleurs !

Cara toujours élégant, magistral, incontesté, mais se ménageant un peu trop.

Fuentes, élégant, courageux, de grandes qualités, un joli jeu de muleta, et la main sûre. Ce jeune diestro a de l’avenir.

            Des banderilleros : Moyano.

Les picadores : Prudents, Carriles, le plus jeune peut-être, a donné une pique supérieure : Mlle Gentis est un écuyère parfaite, possédant le plus grand sang-froid.


        Une partie du public s’est montré cruelle pour (José) Bento (de Araújo) ; on n’insiste pas de cette façon devant l’admirable travail qu’il nous a fait, c’était pénible et injuste. (José) Bento (de Araújo) compte aussi ses partisans. Ne soyons pas sectaires et soyons toujours justes.

MOSCA.

            Dimanche 20 août, pour les adieux du caballero en plaza (José) Bento de Araujo, corrida de six toros avec les cuadrillas de Eusebio, Fuentes, Manene, et de Gavira. Deux bichos seront estoqués.

            Le caballero en plaza, (José) Bento de Araujo, combattra à cornes nues.



In LE TORERO, 20 de Agosto de 1893