O cavaleiro José Bento de Araújo em Nimes.
FOTO: Bibliothèque nationale de France
GARD
NIMES. — La course d'aujourd'hui.
— À en juger par le nombre considérable de places retenues et demandées du
dehors et par l'affluence dans les hôtels on peut s'attendre à voir nos Arènes
garnies comme aux jours de grandes fêtes tauromachiques.
Ainsi que nous l'avons dit, rien n'a été négligé par la
direction pour assurer la complète réussite de cette représentation taurine qui
se présente sous les plus favorables auspices.
Les notes biographiques qu'on nous a communiquées sur les
matadors El Ecijano et Tortero, les rensignements que nous possédons sur les
toreros composant les quadrilles et les picadors, la belle prestance et
l'allure franche et vigoureuse des taureaux sont autant de garanties
incontestables de succès.
Si nous ajoutons à
cela les brillants exercices du caballero en plaza, M. (José) Bento (de Araújo)
qui nous ménage, parait-il, une grande surprise au cours de la course, on
conviendra qu'il est difficile de grouper de meilleurs éléments.
Au sujet des taureaux dont
le bel aspect a séduit tous ceux qui les ont vus, notre ami Crespon a eu l'heureuse
idéen de les photographier par groupes de trois, dans leur corral de la rue
Henri IV.
Quoique d'humeur peu pacifique, les fauves se sont,
semble-t-il, prêtés d'assez bonne grâce à cette opération. Les épreuves sont
très bien réussies et, chose bizarre, on voit au premier plan — c'est le hasard
qui l'a voulu ainsi — les deux taureaux de
mort, c'est-à-dire ceux qui ont été marqués pour être combattus à l'espagnole. Nombre de curieux ont défilé hier devant
ces photographies qui sont exposées, ainsi que les banderilles offertes par des
afficionados nimois, dans la salle des dépêches du Petit Marseillais.
Il ne nous reste plus qu'à souhaiter pour aujourd'hui un
beau soleil, seul décor qui convienne à la masse imposante de notre
amphithéatre romain et au spectacle lui-même.
Mesures de
sécurité. — Le maire, en vue de l'affluence aux abords des arènes, vient de
publier l'arrêté suivant:
Vu la nécessité de veiller à la sureté et à la commodité
du passage des piétons sur la voie publique et de prévenir les accidents qui
pourraient résulter de la circulation des voitures au milieu d'une foule nombreuse,
Arrêté: Article 1er. — La circulation des voitures,
charrettes et autres véhicules, sera interdite à l'occasion de la grande course
de taureaux, le dimanche, 28 mai courant, de une heure à 8 heures du soir, sur
le boulevard des Arènes (côté de la maison d'arrêt) entre l'angle du palais de
justice et le café de la Bourse;
Article 2. — M. le commissaire central de police est
chargé de l'exécution du présent arrêté.
In LE JOURNAL DU MIDI,
Montpellier – 28 de Maio de 1893
Voici
d’ailleurs le programme détaillé de cette course :
Dimanche 28
mai 1893, à 3 heures ¾
Gran
corrida espanola de 6 toros de 5 ans,
provenant de la ganaderia d’Alcas, combattus par les matadores de cartel :
Juan Jimenez (a) El Ecijano et Jose Rodriguez (a) Pepete, et le caballero en
plaza Jose Bento d’Araujo.
Composition des cuadrillas. — Matadores :
Juan Jimenez «El Ecijano» ; Jose Rodriguez «Pepete».
Banderilleros. — Jose Martinez Pito ; Juan
Rodriguez Mogino Chica ; Eduardo Albazan Morenito ; Domingo del Campo Dominguin
; José Perez Califo ; Salvador Aparicio El Albanel ; Domingo Almanso El Islino
; Ramon Bosch Ramonet.
Picadores. — Gervasio Ruiz tres Cales ; José
Pino ; Felipe Molina Tellillas ; Eduardo Blanc Rinones.
Alguazils, monosabios, areneros, vaqueros, trains
de mulets, cabestros.
Brillant
orchestre. Des musiciens spéciaux exécuteront les sonneries espagnoles.
Ordre de la course :
1er toro. — (Papelero), caballero
El Ecijano et cuadrilla.
2e toro. — (Carbonero), picadores Pepete et
cuadrilla.
3e toro. — (Negociante), picadores El
Ecijano et cuadrilla.
4e toro. — (Guindo), caballero Pepete et
cuadrilla.
5e toro. — (Criminal), picadores El Ecijano
et cuadrilla.
6e toro. — (Pollero), Picadores Pepete et
cuadrilla.
Les
taureaux seront emboulés pour le travail du caballero et des picadores et désemboulés
séance tenante pour le travail des cuadrillas.
Les deux
derniers taureaux seront combattus à l’espagnole.
Après le 3e
taureau 20 minutes d’entr’acte.
Prix
des places : Premières numérotées, 15 francs ; Secondes numérotées,
10 francs ; Toril, 5 francs ; Amphithéatre, 3 francs.